01.05.2009

Le Secret de Lily Owens

SecretLifeofBees.jpgAprès le deuxième tome de Millénium, j'avais furieusement envie de reposer mes pieds, alors au lieu de plancher sur ma prochaine interro', je suis allé au ciné'. J'avais pas mal entendu parler du Secret de Lily Owens et parce qu'Alicia Keys et Jennifer Hudson jouent dans ce film, je ne pouvais raisonnablement pas le rater. J'étais d'ailleurs surpris que quelques semaines seulement après sa sortie, il ne soit diffusé que dans deux salles à Paris.

Au départ, la salle est vide. Je suis content. Je m'installe en H7 et assiste peu à peu au remplissement de la salle. Les gens papotent, mangent du pop-corn. "Excusez-moi", "Pardon" soufflent les retardataires qui veulent accéder au fond de la rangée. Les derniers devront se contenter du premier rang (pourquoi tout le monde déteste le premier rang ? c'est quand même là qu'on voit le mieux les sous-titres, non ?).

Le film éveille tour à tour le rire et les larmes. C'est un beau film, en fait (♥♥♥). Il m'a rappelé Beloved de Toni Morrison.

On est projeté dans l'Amérique des années 60, celle qui vient tout juste d'en finir avec la ségrégation raciale. On ressent la tension existante entre les deux communautés. Sur fond de recherche des origines (ces Américains adorent partir à la recherche de leur origines, c'est un leitmotiv dans un grand nombre de leurs films), la jeune Lily Owens sera confrontée à la haine des Blancs envers les Noirs mais aussi à la rancœur de ceux-ci. Il y a eu finalement très peu d'images dures dans ce film.

Ce qui est marquant, c'est le personnage de May Boatwright, incarné par Sophie Okonedo. Elle donne une teinte tragicomique à l'œuvre par sa sensibilité exacerbée. Elle m'a fait songer à ce chef indien des Chroniques d'Alvin le Faiseur, qui pleurait en hiver parce que les abeilles meurent.

Mon seul regret réside dans l'absence de chanson pour accompagner le film. Il y a de la musique, mais pas de thème récurrent qui te trotterait dans la tête pour te remémorer les images. C'est pour ça que j'ai pensé à Strange Fruit, interprété par Billie Holiday dans les années 1930. Le fruit étrange en question, c'est le cadavre d'un homme noir lynché et pendu à un arbre à l'écart. Je crois qu'Alicia Keys ou Jennifer Hudson étaient de taille à faire un duo mémorable. Une occasion ratée.

Mais ce qui au fond retient l'attention, c'est la composition de la salle. Comme si la ségrégation (sociale) était passée par là.

02.02.2009

Dreamgirls

Sur le boulevard du Montparnasse, il y a cette boutique, le Disc King, qui vend des DVD et des CD moins chers que la Fnac qui n'est pas très loin. À l'approche des fêtes, je m'étais rendu à la Fnac pour y faire l'acquisition de quelques exemplaires d'Essaye-Moi, réalisé par Pierre-François Martin-Laval. C'est mon film préféré, parce qu'il est panpan-cucul au-delà de ce que l'on peut imaginer, et aussi parce qu'il recèle une magie qui n'existe plus de nos jours. Il est la réponse la plus adéquate à Si J'étais un Homme, de Diane Tell.

Je cherchais ce film, Essaye-Moi, pour l'offrir et répandre la joie et le bonheur autour de moi. Ne parvenant pas à le trouver dans les rayons de la Fnac, je m'adresse au vendeur. Il ne sait pas de quoi je parle, mais fait une recherche. Et le couperet tombe, soudain : ce film est désormais indisponible, parce qu'il n'est plus édité depuis juin. J'en reste sans voix. J'ignorais que la logique capitaliste avait pénétré aussi loin dans le monde féérique des films cucul-la-praline. J'étais désappointé, perdu, désorienté. Des larmes se sont mises à ruisseler sur mes joues, ce qui n'arrive vraiment pas souvent. La dernière fois que j'ai pleuré, c'est quand Dumbledore est mort, dans le sixième tome d'Harry Potter. Ah non, en fait, c'est quand YM620GFLUPR, mon iPod bien-aimé, a rejoint le séjour des baladeurs silencieux. Bref, j'ai pleuré ce jour-là, parce que mon DVD préféré n'était plus disponible à la Fnac, et que c'était ma seule idée cadeau, dans la mesure où je ne vois rien d'autre qui soit capable de prodiguer autant de bonheur et de joie. Le regard dans le vide, j'ai quitté la Fnac pour me réfugier au McDo'. J'avais besoin d'un Big Tasty, mon hamburger préféré, pour retrouver des couleurs, mais c'était peine perdue.

En remontant la rue de Rennes puis le boulevard du Montparnasse en direction de la fac', je suis tombé sur cete boutique, le Disc King, qui vendait des DVD et des CD pas chers. Je suis entré, pour voir si je ne trouverais pas un film de mon enfance, un concert de Dorothée ou quelque chose d'approchant pour me remonter le moral. Et là... Il y avait, contre la vitre, une pile de DVD d'Essaye-Moi ! Je me suis rué dessus, ils étaient à moins de 10€ ! J'ai sorti toutes mes dents et mon regard s'est illuminé. Pour le coup, j'en ai pris quatre, histoire de ne jamais être à court de ce film. Et puis, j'en ai profité pour en prendre quelques autres, ces films qu'on aurait dû aller voir au cinoche, mais qu'on n'a jamais eu le temps, et dont on aurait dû acheter les DVD, mais on n'avait pas d'argent, tout ça tout ça. Dans la foulée, j'ai embarqué Hairspray, Le Voile des Illusions, Kingdom of Heaven, et Dreamgirls.

D'habitude, je suis pas très communautariste. Je trouve qu'un film ou une série où il n'y a que des Noirs, c'est un chouïa réducteur, alors je suis pas forcément fan' (sauf La Vie de Famille, mais c'est parce qu'il y a Steeve Urckel ; et dans Le Prince de Bel-Air, je n'aime que Carlton Banks). Mais là, en visionnant Dreamgirls, j'ai été tout bonnement bluffé. Beyoncé Knowles y tient le rôle-titre, mais elle ne sert pas particulièrement à grand-chose. Elle est très remplaçable, en fait, et je pense que sa présence est plus liée à ses relations qu'à ses talents (embryonnaires) d'actrice (on la remarque à peine). En revanche, Jennifer Hudson est prodigieusement éblouissante. Marquante. Terrifiante par ses capacités vocales que j'envie. Et par son interprétation d'And I am Telling You I'm not Going, je crois que le film prend une toute autre dimension. Elle a d'ailleurs reçu des tas de prix en tant que Meilleur Second Rôle. J'en reste sans voix. Peut-être ferai-je d'elle ma nouvelle égérie. C'est à l'étude. En attendant, je vais étudier la proposition de ma petite sœur qui voudrait me filmer en train de faire du play-back sur cette chanson :