11.11.2008
Horreur au Marais
Après mon chocolat viennois et mon étude de documents sur le rapport qu'entretiennent les habitants d'Amiens aux élections municipales (c'était tordant), je résolus d'arpenter le Marais, parce que ça faisait longtemps que je ne m'y étais pas aventuré, et que c'est toujours flatteur pour l'ego de voir son corps observé sous toutes les coutures par des mâles en rut.
Même protégé par mon long manteau noir qui ne laisse rien voir de ma personne entre le cou et les Converse ©, je fus flatté de constater que les regards scrutateurs mi-admiratifs mi-concupiscents ne manquaient pas. Mais bon, point trop n'en faut, et c'est d'un pas pressé que je traversai les rues, fendant le peuple des Ours agglutiné devant le Bear's Den, et jetant des regards pleins de dédain aux habitués du Cox (comment c'est trop bien d'être jeune et fringant !).
Je me fis tout de même une grosse frayeur lorsque je croisai la route d'A.
*Flash-back*
Cela doit à présent remonter à un ou deux ans, à une époque où je voulais tellement être aimé que j'en étais parvenu à sauter au cou et au schtroumpf du premier venu. A. était gentil et nous nous amusions beaucoup, schtroumpfement parlant. Je trouvais ça grisant ces mains sur mon corps, ce désir suscité chez l'autre, ces instants secrets volés, cette intimité par intermittence, cette énergie purement charnelle qui m'animait, moi, le perpétuel intellectuel. Il y avait l'horrible voix de ma conscience qui m'envoyait des recommandations, mais qu'importe ! Vautré dans la débauche et la luxure, je pris plaisir à feindre d'être autiste et imperméable aux signaux de mon propre esprit.
Et puis, il a repris le dessus. Je me suis souvenu de mes idéaux, de mon innocence d'antan, de ce à quoi j'aspirais aussi. Parce que j'étais lâche, j'ai résumé tout ça dans un texto que j'ai envoyé à A. Et hop. Basta. Finito. À ma grande déconvenue, j'étais devenu l'une de ces tapettes froides, calculatrices et désincarnées qui ne voient en l'autre qu'un moyen d'assouvir leurs pulsions.
*Back in the habit*
Après ça, je changeai du tout au tout (ou presque) et menai une vie pieuse, loin du commerce des hommes (sic).
Alors forcément, de qui ai-je croisé la route à deux reprises ce soir ? A.
Il n'était pas seul, et heureusement, mon agilité sans pareille me permit d'esquiver toute forme de confrontation gênante. La première fois, je crois qu'il m'a vu aussi, mais comme moi, il connaît les Parisiens, et notre stratégie est simple : tant qu'on n'est pas nez-à-nez avec la personne, inutile d'être poli et de se saluer. Des regards qui s'entrecroisent n'indiquent en rien qu'il y ait la moindre connivence. Soulagé, je continuai ma route. Mais quelques rues plus tard, je tombai sur lui à nouveau. Dieu merci, il ne m'aperçut pas (ou il est encore plus doué en esquive à la parisienne que moi), mais plutôt que de tenter la chance une dernière fois, je rentrai à la maison dare-dare.
00:13 Publié dans Blablabla | Commentaires (0) | Tags : marais, gay, paris, passé dissolu de débauche et de luxure
08.11.2008
La question gay
Après une rapide recherche Google, il semble que le nombre de gays dans la population totale oscille entre 5% et 10%.
Je me suis posé la question dans le RER tout à l'heure, à cause de ce siège :

00:14 Publié dans Blablabla | Commentaires (11) | Tags : gay, foot, pourcentage, quota, ratio, répartition, lorie
23.10.2008
*Glups*
J'ai été très supris de découvrir que Jörg Haider - le leader autrichien d'extrême-droite décédé dans un accident de voiture il y a quelques jours - avait un petit copain, Stefan Petzner, en plus de sa femme, Claudia.
Le premier choc provient de l'association gay & extrême-droite. Ce n'est peut-être pas le cas en Autriche, mais le Front National en France n'est pas très gay-friendly. Et puis, je ne comprends pas comment on peut s'approprier une logique d'exclusion et de rejet de l'autre, de l'étranger, quand on est soi-même hors de la "norme". Je trouve ça débile de rejeter quelqu'un en raison de sa couleur de peau et de la taille de son nez, ou du lieu où il est né, de la famille dont il est issu, quand on sait que sous l'épiderme, on en est tous au même point. Je trouve débile le système de nationalité à vrai dire, et je ne peux m'empêcher de regarder avec circonspection ceux qui arborent avec fierté les couleurs de leur pays.
Fier : Qui éprouve une satisfaction d'amour-propre souvent fondée.
Je n'ai rien contre le fait d'être Français, mais je ne vois pas pour quelle raison je devrais me sentir fier. Je n'ai pas fait exprès de naître à Paris, et je ne suis en rien maître des circonstances qui ont poussé mes parents à venir vivre ici plutôt qu'à Buenos Aires, à San Francisco, au Caire ou à Tokyo. Alors oui, je suis Français, so what ? J'aurais pu être belge, portoricain ou australien, ça n'aurait rien changé à qui je suis, et si je me sens mieux à Paris qu'ailleurs, ce n'est pas une question de fierté, mais plutôt parce que j'ai bon goût (humpf). Je suis en constante opposition là-dessus avec mes amis issus de l'immigration (je hais ce vocable) : ils aiment clamer haut et fort combien ils sont fiers d'être de là-bas. Mais on aurait pu être de partout ! C'est toujours un hasard pour celui qui est né d'être né quelque part. Et au début comme à la fin, on est tous semblables. Éprouver de la satisfaction pour ce genre d'attribut me paraît risible.
Je partage le même avis sur le fait d'être gay. On est gay, oui, youpi ! Je ne l'ai pas choisi alors pourquoi devrais-je arborer un air heureux ? Je peux être fier en revanche de mes choix, comme celui d'assumer ouvertement mon homosexualité. Ça, c'est un sujet de fierté, parce que tout le monde n'en est pas capable, et que ça exige un investissement personnel.
Tout ça pour dire que je ne comprends rien à ce Jörg Haider, fier de son pays (?!) au point d'en exclure les corps extérieurs, mais qui dans le même temps, n'ose pas révéler son homosexualité au monde entier de peur de souffrir d'intolérance et de rejet. Je n'aurais pas apprécié cet homme, je crois.
Et puis, le second truc qui me turlupine, c'est le cumul petit ami + épouse. Épouse consentante d'ailleurs, parfaitement au fait de la double-vie de son mari. Le fait qu'il puisse être bissexuel et avoir une vie sentimentale pas comme les autres ne me gêne pas ; c'est l'hypocrisie entretenue, cette lâcheté inassumée, cet aspect ambivalent qui me tracassent. On peut vivre dans le péché, mais dormir dans le mensonge, c'est... glauque.
18:31 Publié dans Waouh ! | Commentaires (1) | Tags : waouh, suprise, gay, homosexualité, jörg haider, autriche, stefan petzner
20.10.2008
Comment vous faites ?
Et comment vous faites ? (Je ne sais plus où - je ne sais plus quand)
C'est l'une des premières questions qui vient dans la conversation une fois que la personne en face apprend que je suis gay. Parce que la personne en face est à peu près sûre que le monde qui l'entoure est foncièrement hétérosexuel, et que quel que soit l'endroit où ses yeux se poseront, il y aura du répondant. Alors que les gays, ben, comment vous faites pour vous... vous identifier ? Vous avez un code secret ?
Non, mais des fois, j'aimerais bien. Dans le Marais, c'est facile. Il n'y est pas question d'identifier les homosexuels, mais plutôt de déterminer qui est en réalité hétéro' sous cette apparence fashionistique. Ailleurs, c'est plus confus. J'ai lu récemment qu'à l'origine, les piercings à l'oreille étaient un signe de ralliement, et qu'on plaçait le piercing à droite ou à gauche suivant que l'on était actif ou passif (*glups*). Toujours est-il que de nos jours, cela ne signifie plus rien. Alors comment fait-on ?
Il est indéniable que le média Internet a révolutionné nos misérables existences souterraines. Autrefois condamnés à l'opprobre et à la dissimulation, on peut désormais s'afficher, sans jamais se montrer. Si j'avais été sociologue (J'aurais voulu être un sociolooooooooooooogue), j'aurais certainement mené une étude sur la façon dont le mode de rencontres a évolué. Aujourd'hui, la meeticisation (en l'occurence, il s'agit plutôt de rezogisation) a atteint tous les esprits, et on programme de rencontrer telle personne à tel endroit pour faire telle chose. C'est dommage, moi, j'aurais bien aimé un peu plus d'humour et de tendresse... Si les hommes n'étaient pas si pressés !
Dans le même temps, j'ai perdu mes rêves. Il y a plus d'un an maintenant, je le voulais comme ça :
Le Grand Amour ? Je serai très exigeant avec lui. Il fait au moins 1,82 pour 75kg. Je le veux plus gros que moi pour pouvoir mettre en avant ma minceur lors de nos joutes. Je le veux plein d'humour et de répartie, joueur, espiègle, taquin, cultivé, intelligent, sensible, capable de pratiquer l'auto-dérision, il a besoin de moi au fond de lui, mais il ne le montre pas, parce qu'il est fier, et c'est comme ça que je l'aime. Hmm... Je serai dans une lutte ludique qui s'assimilerait plutôt à un jeu en fait, dans lequel il faudrait parvenir à se faire aimer de l'autre. Si l'on y parvient, l'autre a perdu. En même temps, les deux partenaires sont fous amoureux l'un de l'autre, sinon ils ne prendraient pas le temps de jouer.
Et aujourd'hui, je ne veux plus rien. Je ne m'attends à rien en fait, parce que les espoirs sont trop vite déçus. Comment j'fais ? Je ne fais rien. Je ne cherche pas à capter leur regard ou à déceler leur orientation, puisque quelle qu'elle soit, ça ne m'intéresse pas vraiment. J'ai bien eu la tentation de faire des rencontres avec ce blog, d'y attirer une population gay qui tombera en admiration devant la subtilité, la drôlerie et l'originalité de ma plume, mais je trouve ça malsain, parce que ce serait prostituer mon écriture, et que je trouve ça malsain la prostitution. Avant, j'avais peur de finir seul. À présent, je considère cela comme un heureux destin. Maturité ou aigreur ?
12:47 Publié dans Hein ? | Commentaires (2) | Tags : rezogisation, gay, rencontres, grand amour, prince charmant
18.10.2008
Vous voulez rester ?
Vous voulez rester ? (Centre Sportif Universitaire, 17h29)
Non, non, merci, c'est très gentil à vous, mais non.
Ce fut l'une des heures les plus sombres de ma longue existence.
J'avais fait du sport, une fois quand j'étais en CE2, et puis aussi une fois en Terminale, mais ça remonte à trois ans maintenant, et à part mes jambes qui sont toujours prêtes pour courir après un RER, le reste de mon corps somnolait paresseusement, se délectant avec langueur de ce que je n'accumule pas les graisses. Ainsi, malgré deux ans de McDo', de pâtes à la carbonara, de paninis, de kebabs, de chocolat, de Gervita ©, et de chocolat Milka ©, je n'ai pas pris un gramme et je n'ai pas grandi d'un millimètre. Je suis un miraculé de la malbouffe.
Et puis cette année, je me suis dit que là, quand même, il fallait faire quelque chose. Certes, mon corps est parfait et cela, nul ne peut le contester. Mais parce que la perfection ne se satisfait jamais d'elle-même (sinon, elle ne serait que suffisance), j'ai décidé de faire du sport avec ma fac' cette année. Ce qui est cool quand on fait du sport avec la fac', c'est que ça ne coûte que 25€ par an et que l'assiduité permet de grappiller quelques points en plus. Parce que je vise l'excellence universitaire cette année (après deux ans de nonchalance, c'est quand même un minimum), j'ai finalement résolu de faire bouger mes muscles les moins atrophiés.
Mais je suis exigeant : pas de sport d'équipe (c'est trop la honte d'être le nouveau qui fait perdre l'équipe et qu'on s'échange dès qu'on peut), pas de trucs qui font transpirer comme un bœuf (la simple idée de devoir arpenter (et surtout utiliser, parce que les arpenter pour regarder des garçons, c'est pas vraiment un calvaire) des douches communes me fait transpirer), pas de tenue ridicule, pas de trucs où il faut viser, et pas de tennis (je HAIS Roland-Garros, ils annulaient toujours mes séries préférées pour diffuser des échanges de balle verte). Le choix était donc très réduit, mais j'ai finalement opté pour le badminton. C'est simple, gentil, cordial, aérien (j'adore les volants comme Chouchou adore les sushis), et en plus, je connais un peu parce que je simulais au lycée.
Et là, c'est le drame.
Mon emploi du temps ne concorde avec aucun cours de badminton : je dois me rabattre sur un autre sport. *cri d'horreur* Il y avait bien Fitness ou Gym Tonique, mais j'ai déjà pleinement conscience d'être une tapette, il n'était donc pas nécessaire de jouer les refoulés qui s'ignorent. C'est à ce moment-là que je choisis de faire de la musculation.
Brrr. Mais même Michael Tolliver en fait. Et puis, outre ma vive intelligence, mon irrésistible sourire, mon charme magnétique, ma sensibilité inavouée, ma craquante timidité, mon audace incomparable, mon humour à toute épreuve, et ma modestie exemplaire, il me fallait bien développer de nouveaux atouts, genre des pectoraux saillants, des biceps volumineux, des abdominaux où viendraient s'écraser les vagues de l'océan, des fessiers aussi robustes qu'un taureau et des cuisses fermes comme des baobabs.
C'est donc avec enthousiasme et appréhension (et si je mourrais écrasé sous des haltères ? et si ce n'était qu'un vaste baisodrome gay ?) que je me rendis à mon premier cours. Au préalable, j'avais fait mon shopping chez Decathlon et j'étais désormais en possession d'un jogging spécial musculation, d'un sac de sport et de gants pour l'hiver à 3,95€. Se changer dans les vestiaires est un véritable plaisir car certains autres élèves font manifestement de la muscu' (il faut adopter le jargon du métier - peut-être que je lirai l'Équipe un jour ou que je regarderai un mach de foot ?) depuis plusieurs années. Le cours commence.
Et là, c'est le drame (encore).
Une heure et demie de souffrance et de torture : John McCain n'a subi que des free hugs à côté de ce que j'ai vécu durant cette séance. Notre professeur (une femme, donc ce ne sera pas un baisodrome gay... Mais peut-être que c'est une goudou ?) nous a invités à faire connaissance avec les appareils en faisant à chaque fois une série de vingt trucs. Ce n'est pas pour rien que le chiffre parfait, c'est le sept ! C'est souvent à au moment où j'en arrivais à ma septième traction que l'envie d'arrêter devenait la plus forte. Ce fut horrible. Chaque machine réveillait dans mon corps des muscles endormis, et je fus bientôt meurtri de toutes parts. Une crampe au pied droit, des élancements dans les cuisses, un dos qui ne savait plus où se placer par rapport à mes côtes, des abdominaux tellement tendus qu'on aurait pu croire que des jumeaux se battaient en duel dans mon utérus imaginaire, des bras privés d'énergie qui ne parvenaient plus à s'élever au niveau des interrupteurs, des épaules endommagées à tout jamais et un ongle cassé (c'est la pire chose qui me soit jamais arrivée !).
Parce que notre professeur assurait encore un cours par la suite et que nous n'étions pas nombreux, elle nous invita à rester plus longtemps. Je déclinai poliment l'invitation (voir plus haut), embarquai mes affaires et quittai la salle de torture aussi vite que me le permettaient mes jumeaux et mes jambes ramollies.
Et le pire dans tout ça, c'est que quand je suis rentré et que j'ai pris ma douche à la maison, je n'ai remarqué aucun changement. Ah si, les veines de mes bras ont l'air beaucoup plus apparentes. Quelle arnaque, ce truc ! Tu m'étonnes que c'est que 25€ !
Demain, je commence un régime aux protéines, et je serai comme lui !

00:04 Publié dans Blablabla, Hein ?, Hihihi, Houhou♥ | Commentaires (1) | Tags : gay, goudou, tapette, sport, musculation, torture, abdominaux


