13.06.2009
Des oignons
Dans l'un des tomes de la saga des Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett, l'auteur décrit avec minutie la constitution des oignons, ces trucs immangeables qui font pleurer les honnêtes gens. C'est ainsi que j'appris qu'ils sont composés de plusieurs couches.
Or, je sommeillais paisiblement, lorsqu'une idée soudaine me vint à l'esprit. Malgré mon emploi du temps de ministre surchargé entre les oraux, les écrits et les concours, je décidai d'interrompre ma nuit de sommeil pour ne rien perdre de cette réflexion profonde. Et aussi,parce qu'Internet me manquait. Je ne m'y aventure que contraint et forcé depuis que les épreuves ont commencé. Je redoute de consacrer des heures au divertissement au détriment de l'étude car je ne sais pas respecter les limites de temps que je m'impose. Bref.
L'image d'une paire de Converse m'est apparue.

03:49 Publié dans Blablabla, Hein ? | Commentaires (4) | Tags : converse, originalité, spécial, banalité, commun, ego, beyoncé, oignons, terry pratchett
27.05.2009
Oui mais non mais même
Les résultats sont tombés hier. En un rien de temps (le temps de chargement du PDF, quoi), j'étais fixé. Je n'étais pas parmi les heureux élus. Je n'ai même pas pleuré. Juste une pointe de déception dans la voix. Il faut dire que je venais de blablater avec Paul Amar, alors j'étais content. Après ça, je l'étais moins, mais ce n'était rien par rapport à la frustration suscitée par mes notes.
Le concours est en deux étapes :
- 1. Tu passes les écrits (avec 2000 autres glandus). Si tu as au moins 10, tu peux passer à la deuxième étape.
- 2. Tu passes l'oral (avec 500 autres glandus). Tu es noté avec des lettres : A, B et C.
J'ai donc réussi les écrits. Youpi, tralala boum-boum. Mais on ne me donne pas mes notes à ce moment-là ; elles ne me seront dévoilées qu'après les résultats de l'oral. En revanche, ceux qui n'ont pas réussi les écrits (soit 1500 glandus) ont leurs notes. Pour eux, l'aventure s'arrête ici, écrivé-je avec ma voix de Denis, le présentateur de Koh-Lanta.
J'ai donc passé l'oral. Assez optimiste à la sortie, parce qu'on a bien rigolé, même si je me suis demandé pourquoi (dilemme : suis-je drôle ou suis-je con ?).
Hier, donc, les résultats sont arrivés. Avec les notes. J'ai assuré un 10 virgule quèque chose à l'écrit, et j'ai eu un A à l'oral. Trop bien ! Mais alors, pourquoi ne suis-je pas admis ?
Parce que là, ça veut dire que j'ai réussi la dernière étape, que je suis arrivé au bout de la course, mais que j'ai beau avoir un A, ça ne suffit pas. J'étais un peu perturbé, alors j'en ai parlé avec l'Incarnation du Directeur de Sciences Po Dans Ma Tête.
- Bonjour. Je comprends pas. J'ai eu un A. Et je suis pas admis ?
- Oui mais non mais même.
- Attendez, là. On peut pas avoir de meilleure note que ça à l'oral mais je suis pas admis quand même ?
- Oui mais non mais même.
- Non mais, j'ai passé l'oral pour rien en fait ?
- Oui mais non mais même.
- J'aurais pu hurler sur le jury et rôter et manger des chips en répondant au téléphone tout en mâchant du chewing-gum, le résultat serait le même ? Que j'aie un A ou un C, le résultat est identique ?
- Oui mais non mais même (quoique le mélange chewing-gum/chips, bof).
- Pourquoi m'avoir fait passer l'oral si on me refuse l'admission quelle que soit l'issue de l'oral ?
- Oui mais non mais même.
- Grrr. Je vais écrire au Directeur et tu vas comprendre ta douleur, saleté d'Incarnation !
- Oui mais non mais même.
J'ai donc écrit une lettre au Directeur. Pas pour contester la décision, juste pour comprendre. Je comprends que quand on a 15 virgule quèque chose à l'écrit et un A à l'oral, ben, ça passe comme une lettre à la Poste. Mais alors pourquoi faire croire à celui qui a 10 virgule quèque chose (moi) qu'il a ses chances si en réalité il n'en a aucune même s'il s'en sort bien ? Frustrated.
Je baisse pas les bras, parce que mine de rien, j'ai des partiels et d'autres concours qui approchent à grands pas, mais j'ai des envies de meurtre. Et j'ai envie de pleurer aussi, parce que c'est trop injuste et que je ne comprends pas.
18:51 Publié dans Hein ? | Commentaires (8) | Tags : oui mais non mais même, sciences po, master, admissions
11.05.2009
Tu en où du permis ?
A l'approche de mon anniversaire, la question revient, lancinante et perturbante : Alors, tu en es où du permis ?
Si je m'écoutais, je devrais raconter à tout le monde que Clémentine et moi, alors que nous étions encore en CE2, nous avions décidé de ne jamais conduire de voiture pour sauver la nature et notamment les arbres de la cour de récréation. Elle et moi avions déjà une conscience écologique très développée et nous voyions dans les pots d'échappement des poignards et des pistolets braqués sur Dame Nature. Mon amour pour Paris n'ayant cessé de croître avec les années, je fus bientôt convaincu qu'il n'était nul besoin de disposer d'un véhicule : on peut aller partout en métro' ou en bus. Et là, c'est le drame. Nous émigrâmes en banlieue, parce que la surface des appartements n'augmente pas avec le nombre d'enfants.
En banlieue, tout est loin. Paris. La gare. La boulangerie. La pharmacie. Le supermarché. L'école. Les journées sans voiture, ça me fait bien rire : quand le bus ne passe qu'une fois par heure et que tu vis à vingt minutes à pied de la gare (cinq minutes en voiture), tu prends ta voiture. Et le soir, en rentrant, tu vas au supermarché en voiture aussi parce que rien n'est juste en bas de chez toi. Tu as mauvaise conscience pour Dame Nature, mais tu sais aussi que tes pieds ne supporteraient pas la distance et que porter des sacs remplis de Nutella et de bouteilles d'Oasis pendant vingt minutes (je n'ai aucune notion des distances alors je mesure tout en temps), ça te rendrait bossu en un mois. Alors tu conduis.
Dieu merci, j'ai jusque là été préservé de toucher au volant : mon don pour les relations humaines m'a permis de toujours avoir un chauffeur à disposition pour pas un sou. Et puis, à Paris, la voiture est plus une malédiction qu'autre chose. Trouver une place est un cauchemar auquel je réponds par le rêve du passe Navigo. Son "biip" sans cesse renouvelé à chaque borne m'emplit d'une joie étrange. Comme si je disposais d'une clé capable d'ouvrir toutes les portes à serrure violette.
Et puis, les concours sont arrivés. Plusieurs écoles exigent de leurs étudiants qu'ils soient mobiles et qu'ils aient donc le permis de conduire. Je suis opposé à cette conception ancestrale qui veut que sans calèche, on est amorphe. Je suis sûr qu'en partant de la BNF, on arrive plus vite à Saint-Lazare avec la ligne 14 qu'en voiture. Mais bon, ces mêmes écoles exigent aussi que l'on fasse des stages dans des rédactions en province, alors j'imagine que dans ces contrées où la motorisation n'a pas encore pénétré, il est impératif de disposer d'un 4x4 et d'un pare-choc à toute épreuve.

Je me suis donc inscrit dans une auto-école grand public, qui brasse des centaines d'étudiants chaque semaine. S'il y a autant de monde, c'est que ça ne doit pas être si mauvais que ça, hein. La première fois, j'ai fait une douzaine de fautes. Aujourd'hui, j'oscille entre 3 et 8. Un yo-yo qui a tendance à me démoraliser au point que je démissionne parfois pendant plusieurs semaines. Mais comme j'ai payé de ma propre poche, je n'ai pas l'intention de lâcher le morceau. Y a intérêt à ce que j'aie le permis d'ici la fin de mon contrat. Je ne suis pas du genre à dépenser DEUX fortunes dans quelque chose d'aussi trivial. D'autant plus que même armé d'un permis, je ne crois pas que je tâterai souvent du volant. Je préfère défintivement le métro'. On rencontre du monde. Assis ou debout, on n'a pas à se préoccuper de ce qui se passe sur la route. Oui, il y a parfois des problèmes sur les lignes, mais les bouchons, eux, c'est quotidien. Quand on rentre du travail épuisé, il est certainement plus reposant de s'installer à une place prioritaire en fermant les yeux (pour ne pas voir d'éventuelles personnes vraiment prioritaires qui auraient vraiment besoin de la place) que de prendre le volant en somnolant et en dodelinant de la tête, tout en klaxonnant l'imbécile heureux qui a eu son permis dans une pochette surprise.
Les transports, c'est bien. Mangez-en.

21:37 Publié dans Hein ? | Commentaires (2) | Tags : permis de conduire, auto-école, cours de code
24.04.2009
Excusez-moi du peu
D'habitude, je ne m'intéresse pas particulièrement à décrier la politique. Je trouve tout ce petit monde très comique (comique ne veut malheureusement pas dire drôle) mais pas assez consistant pour en faire un article. Je n'écris pas un article parce que j'ai ri à une blague de Jamel ou parce que j'ai vu le dernier spectacle de Gad Elmaleh (oui, parce que Coco, peut faire mieux, surtout la fin). Mais là, les excuses de Ségolène me turlupinent depuis quelque temps. Je m'interroge sur leur pertinence et leur portée.
Parce que d'ordinaire, on demande pardon pour des choses dont on se considère responsable. Par exemple, je ne demande pas pardon à la personne qui se retrouve handicapée à vie parce qu'un chauffard lui a écrabouillé les jambes. Je compatis à la limite, mais je peux difficilement faire plus. Et c'est là que ça coince avec Ségolène, parce qu'il semble qu'elle confond les concepts. Si elle veut exister politiquement, un "Je suis peinée par les mots blessants de Nicolas Sarkozy" aurait amplement suffi selon moi. Le buzz aurait peut-être été moins important, mais on est alors plus près de la vérité et du "parler vrai".
Surtout que cette position christique ne lui va pas à ravir. Quand Jésus disait : "Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font", c'était justifié dans la mesure où il avait l'ambition de mourir pour sauver même ses détracteurs. Quand Ségolène le fait, ça sonne faux, parce qu'elle ne serait pas prête à donner sa vie pour sauver Nicolas Sarkozy. Au contraire, elle attendrait sagement pour pouvoir prendre sa place. Je crois dur comme fer à la responsabilité individuelle, et il appartient selon moi à Nicolas Sarkozy et à lui seul, de présenter des excuses pour ses propos.
Quand un enfant refuse de faire bisou-bisou à quelqu'un, ses parents demandent pardon en son nom, mais le quelqu'un en question sait bien que ces excuses n'ont aucune valeur car elles n'émanent pas de l'enfant lui-même. Même si Zapatero n'est "pas très intelligent", je doute qu'il puisse accorder un quelconque crédit aux dires de Ségolène. Cela m'énerverait plus qu'autre chose, même.
En fait, je retombe dans mes errances habituelles où je me retrouve incapable de déterminer quel sera mon candidat ou mon parti aux prochaines élections. Je ne suis pas en accord avec les idées de l'UMP et je ne me sens pas en phase avec le PS. Je me définirais comme plutôt au centre même, mais ni les Verts ni le MoDem ne parviennent à me séduire. Idem pour le Parti Radical de Gauche (oui, il existe encore. Cette indécision est finalement parfaite car elle me permet d'exercer mon jugement en toute indépendance, sans influence partisane ou idéologique autre que les valeurs de la République.
Valeurs qui m'interrogent aussi quant à leur articulation avec certaines politiques publiques comme la discrimination positive. Mais j'y réfléchirai un autre jour. Ou peut-être aujourd'hui. Mais pas dans ce post-là, parce qu'il est 11 heures du matin et que je suis fatigué.
10:58 Publié dans Blablabla, Hein ? | Commentaires (0) | Tags : ségolène royal, nicolas sarkozy, excuses, josé luis zapatero, sénégal, discours de dakar
23.04.2009
De sa réponse
Quand je tourne la page avec quelqu'un, je ne fais jamais ça de façon unilatérale. Je tiens l'autre au courant de ce que je pense de lui et de ce que j'ai sur le coeur. Parce qu'après quand on se croise par hasard dans le métro', on est mal à l'aise, on sait pas trop s'il faut faire semblant qu'on se voit pas ou quoi ou qu'est-ce. C'est compliqué. Et moi, ça me perturbe jusque tard dans la nuit. Pour ne pas faire d'exception et m'assurer des nuits de repos apaisé, j'ai procédé de la même manière avec Y.
Dans un nouveau message Facebook, je lui ai envoyé à peu de choses près le contenu de cette note où j'ai allègrement cité Lancelot.
Et là, BOUM, réponse.
J'ai frôlé l'arrêt cardiaque.
Sa réponse a heureusement permis à mon coeur de retrouver très rapidement un rythme normal. Bref, il m'a refroidi.
S'il a attendu autant de temps, c'est parce qu'il n'avait pas très envie de répondre sur le coup (ce que je peux comprendre à la rigueur de la limite). Et après, c'est parce qu'il a... oublié. -_-' Cui cui.
Mais au moins, maintenant, je sais pourquoi. Et vous ?

Question n°56 : Pourquoi Y. a-t-il répondu ainsi en terminale ?
- A : Il avait déjà quelqu'un.
- B : Lui et moi ne nous connaissions pas (enfin, y avait que moi qui le connaissais à force de filatures et de voyeurisme).
- C : Il ne s'assumait pas en tant que gay en ce temps-là.
- D : Je ne suis pas son genre.
C'est votre dernier mot ?
Pour trouver la bonne réponse, il suffit de procéder par élimination.
Ceux qui ont répondu D méritent la lapidation par le feu dans une eau glacée. Je suis le genre de tout le monde parce que je suis hypra-merveilleux et magnifique. PIGÉ ?
Ce ne pouvait pas être la réponse A non plus, parce que vu l'énoncé de la réponse B, j'aurais été le premier au courant s'il avait eu quelqu'un.
Mais dans le même temps, ça ne peut pas être la réponse B : on est en train de parler de jeunes hommes âgés de moins de 20 ans. On s'en fiche de se connaître ou pas, ce genre de considération n'a pas sa place dans le cerveau de jeunes mâles en rut.
Il m'a expliqué qu'il n'était pas vraiment lui-même à l'époque et qu'aujourd'hui, ben, il a changé. J'avais espéré un "Si tu le veux bien, nous pourrions en discuter autour d'un dîner aux chandelles" ou un "c'est très dur de dire tout ça par mail ; donne-moi ton numéro, je t'appelle quand tu veux". Mais rien. Il m'a juste dit qu'il était prêt à me répondre si j'avais d'autres questions et pffffft. Désespéré, je lui lançai une friend request et répondis à son message par des considérations d'ordre général.
Bilan : le bon point, c'est que maintenant qu'il a répondu, j'ai accès à ses six photos-profil. Great. Le mauvais point, c'est que je peux rester à attendre comme une potiche pendant des jours et des jours car je ne sais pas ce qu'il fera de ma friend request. Confirm ? Ignore ? Ou pire, la laisser languir pour l'éternité ? Si seulement j'avais une Lisbeth Salander sous la main, j'aurais su tellement de choses...
17:42 Publié dans Blablabla, Hein ?, Houhou♥ | Commentaires (0) | Tags : réponse, histoires compliquées, lisbeth salander, y., qui veut gagner des millions, lancelot, facebook
03.04.2009
Count me in
Ayé. Je suis admissible. J'ai du mal à y croire, mais c'est la vérité vraie. Les résultats sont sortis le 1er avril, alors je me suis dit que c'était une blagounette d'intello', mais non. Évidemment, ça ne s'arrête pas là. Maintenant, y a les oraux. Et Iznogoud (un gugus de ma promo') m'a demandé : "Qu'est-ce que tu vas dire ?".
Je l'ignore. En même temps, je ne connais pas encore les questions, hein. Évidemment, lui, il a déjà trouvé. Il aurait dit qu'il veut devenir président de la République et que quand il y parviendra, ce sera trop tard pour qu'ils puissent se targuer de l'avoir eu comme étudiant, alors autant le faire maintenant. Mais moi, je ne veux pas être président. Il m'a dit de mettre en avant mon côté "minorité visible", mais je déteste ça. Alors je sais pas.
Et puis, les vieilles questions reviennent, lancinantes. Est-ce que tu veux vraiment faire ça ? Courir après l'actu' ? Être toujours le premier au courant ? Tu es sûr que tu ne veux pas aider ton prochain ? Inculquer des valeurs aux enfants ? Leur apprendre des choses pour qu'ils soient parés à affronter le monde ?
Je m'étais décidé, pourtant. Je ne voulais pas de ce destin de prof', parce qu'il n'y a pas la gloire des projecteurs. L'excitation du scoop. On est loin de la vie trépidante de Lois Lane. Mais il y a cette satisfaction au quotidien. De rentrer chez soi le soir et de se dire qu'on a posé une pierre dans l'édifice de l'humanité. D'avoir des vacances aussi. Alors oui, ça c'est bien. Et j'aime ça, donner des leçons aux mioches. Mais j'aime aussi, ça, partir à la recherche de l'info', rencontrer des gens, passer dans leur vie comme un éclair pour leur soutirer les vers du nez et les quitter quelques instants plus tard.
Peut-être que je vais faire les deux. Prof' le jour. Et journaleux le soir, les week-ends et les vacances scolaires. Je cumulerai correction de copies et interviews de stars. Une vie trépidante, quoi.
Mais je sais toujours pas c'que j'vais dire. Saleté d'Iznogoud.
00:44 Publié dans Hein ? | Commentaires (4)
22.03.2009
500 secondes chrono'
« Écrire un article relatant ce que vous feriez s'il vous restait 500 euros et 500 secondes à vivre. Vous avez carte blanche, que ce soit en 500 mots ou en 500 lignes, laissez libre court à votre imagination. »
Hum. Merci christophe. Je devais faire un commentaire sur l'article de Bourdieu, L'opinion publique n'existe pas, mais je préfère ça.
Déjà, je perds quelques secondes à essayer de calculer combien ça donne en minutes 500 secondes. Je cogite et découvre qu'il me reste moins de 8 minutes à vivre. Je jette les 500€ par terre, puisque de toute façon, je suis à 10 minutes de la civilisation. Là, je réfléchis au lieu où j'aimerais mourir. Le lit, trop banal. Le toit, trop périlleux. Le jardin, trop plein de bestioles, quoique c'est là que j'ai enterré les écouteurs de mon iPod qui ne marchaient plus. J'ai toujours eu peur de mourir seul, alors je crois que je ferai en sorte de me réfugier dans les bras d'un être aimé. Pas la famille, ça fait trop tragique, genre maison des Atrides. J'essaie de trouver qui, mais ça veut pas venir.
En attendant, je vais sur Facebook et j'indique "je suis mort" dans mon pseudo. J'écris également un article de quelques mots sur ce blog : "Adieu. Je vous aime." et je laisse quelques indications sur comment trouver le fichier où j'ai inscrit mes dernières volontés. Puis, je m'aventure dehors et je pousse un grand cri vers le ciel.
Je trouve dans les bras de qui je veux mourir. Ça tombe bien, parce qu'il me reste moins de deux minutes. Je sonne chez les voisins d'en face. Leur deuxième fils, âgé d'une dix-septaine d'années et dont j'ignore le nom, est beau, athlétique et gentil, et je trouve que ça ferait une très belle image de mourir dans ses bras, sur le perron. Après avoir vu le film de ma vie, les spectateurs seront plutôt satisfaits de cette fin. Parce que moi qui suis en perpétuel mouvement, même quand je dors, que je m'arrête devant cet endroit où je passe tous les jours sans jamais m'arrêter, c'est très symbolique. Je sonne, donc. Il ouvre, et j'entoure son cou de mes bras en aspergeant ses joues de mes larmes, tout en humant son parfum et l'odeur de ses cheveux. Il ne sait pas trop quoi faire, mais il n'ose pas me repousser parce qu'il voit bien que je ne suis pas dans mon état normal.
Là, je lui murmure un truc débile à l'oreille, qui le poursuivra certainement toute sa vie : "Supercalifragilisticexpialidocious !", et je meurs.
Et là, juste avant le générique de fin, cet écran apparaît :
"Les 500€ retrouvés sur le sol de sa chambre furent déposés au Bureau des Objets Trouvés, conformément à ses dernières volontés. Elmer fut racheté par le zoo de Vincennes et la jeune Prada devint la mascotte de la chaîne Starbucks Coffee. Du Bist Nett, le canard, trôna aux toilettes de l'Imprévu Café, et Ryan fut enterré avec Orange Presslé, son bien-aimé porte-clé envoyé par Oasis Corporation."
Oh, "et il infligea le même sujet de réflexion à Soso, Flo et Cracotte."
16:16 Publié dans Hein ? | Commentaires (4)
25.11.2008
Bop to the top
Pourquoi tu ne fais pas l'E.N.A. ? (Mon papa, dans le salon, 22h16)
La question a jailli comme ça, out of nowhere. Il avait passé le début de la soirée à regarder les Détectives de l'Histoire et s'était étonné de ce que ma formation n'inclue pas ce genre d'apprentissage. C'est juste que nos cours d'histoire sont distillés sous des appellations plus larges. Faut suivre, c'est tout. Bref.
Et c'est là qu'il me sort : "Pourquoi tu ne fais pas l'E.N.A. ?"
Parce que j'veux pas, pardi. Mes parents rêvent secrètement toutes les nuits qu'au petit matin, je ne sois plus moi, mais Rama Yade (ou Rachida Dati en moins impopulaire). Un symbole de la réussite des minorités visibles, un exemple pour donner de l'espoir aux d'jeuns des cités, un avant-gardiste qui réparerait l'ascenseur social. Seulement, ces projets ne figurent pas dans mon plan de carrière.
Issu d'une formation universitaire, j'ai subi chaque année les critiques de brillants professeurs à l'encontre de la Grande École. L'idée de finir préfet, homme politique ou inspecteur des finances me révulse. J'aime l'idée d'être libre. Et puis, le concours est très dur. Enfin, je connais pas les bonnes personnes, quoi. Et puis, pourquoi vouloir être formaté quand on peut être naturellement brillant ? Le Grand Monsieur Là-Haut m'a fait don de quelques talents, et je compte bien les utiliser, mais pas en corrompant mon âme et mon intelligence. Je refuse de faire partie d'un consortium élitiste autoproclamé. Au contraire, je veux être journaliste pour critiquer avec aigreur la reproduction sociale, les dysfonctionnements de l'Éducation Nationale, les travers des médias, les coulisses de l'État et les déboires de Loana (qu'est-elle devenue d'ailleurs ?). La route sera périlleuse, parce que la liberté, ça fait mal, mais j'y arriverai.
De toute façon, mon avenir est déjà tout tracé. Je serai célèbre pour je ne sais trop quoi (un article, un bouquin, un discours, mon accession à la Mairie de Paris - sans être un homme politique) et je passerai au journal de Claire Chazal. Là, elle me demandera :
- Êtes-vous fier d'incarner un modèle de réussite pour les jeunes issus de l'immigration ?
- Et vous, rétorquerai-je, êtes-vous fière d'incarner un modèle de réussite pour les vieilles issues de l'exode rural ?
Pas de cadeau dans le show-biz. Je déteste les étiquettes.
00:56 Publié dans Hein ? | Commentaires (1) | Tags : ena, échelle sociale, ascension, ambition professionnelle, minorité visible, réussite sociale, rama yade
22.11.2008
Combien de temps ça dure l'éternité ?
Combien de temps ça dure l'éternité ? (Devant mon PC, 21h28)
Je me suis posé cette Question du Jour, parce que j'ai l'impression que ça fait une éternité que je n'ai pas écrit. Écrit pour de vrai, je veux dire, parce qu'un exposé sur les différences entre réalisme offensif et réalisme défensif, ou une note de synthèse sur les nouvelles formes institutionnalisées de participation électorale, ce n'est pas vraiment écrire. C'est du gribouillis inepte. Écrire, c'est se sortir toutes les choses qu'on a dans la tête pour les coucher sur le papier. Ou sur un blog. Ou dans une Pensine, mais ça doit coûter bonbon.
Ma dernière note datant d'il y a cinq jours, on peut raisonnablement conclure que l'éternité, ça dure moins d'une semaine. Quand les gens se marient pour l'éternité et qu'ils divorcent deux ans après, c'est juste parce qu'ils n'avaient pas signé pour des éternités. Quand mon amoureux me demandera en mariage, je voudrais qu'il fasse une demande toutes éternités comprises. J'aime bien l'éternité, parce que ça me fait penser à Michel Berger et à cette chanson là :
Pendant l'éternité, j'ai donc gribouillé. J'ai cru rencontrer le Big Love une ou deux fois (mais je ne me souviens plus de ce qui m'a fait croire ça sur le coup ; je suis prêt à croire n'importe quoi parce que je n'ai plus confiance en rien). J'ai ri de la situation du Parti Socialiste, parce que j'adore me moquer des autres, et je me suis demandé ce qui se serait passé si une chose pareille s'était produite aux présidentielles. De toute façon, je comprends mal le système du vote majoritaire. Je ne comprends pas comment les analystes en viennent à dire que Bidule
a remporté une large victoire avec 55% des votes. Ça fait quand même bizarre, parce que les 45% qui restent, ils sont peut-être pas larges, mais je trouve que ça fait quand même beaucoup de gens. À part ça, pendant l'éternité, je me suis inscrit à l'auto-école. Une "référence sur la Rive Gauche", paraît-il. C'est que je ne suis pas très Rive Droite. Mon côté bourgeois, hautain et prétentieux se complaît dans le Quartier Latin. J'avais déjà suivi quelques cours, il y a deux ans de cela, et mon come-back n'est pas si désespérant que ça, puisque je n'ai fait que huit fautes (dont deux parce que les questions étaient très mal posées). J'ai trouvé un ballon rose près de Beaubourg, ou plutôt, il est venu jusqu'à moi, et je suis rentré à la maison avec.
Je suis allé à l'Imprévu, et j'ai croisé Misère Lactée, mais je ne sais pas si elle m'a reconnu.
J'ai vu Vincent Lindon et Beigbeder aussi, mais ce n'était pas à l'Imprévu. Le serveur n'est pas très mignon, mais comme il est très musclé, ben, j'ai pas arrêté de sourire niaisement, et même qu'à la fin, il a posé sa main sur mon épaule en me demandant si j'allais bien.
Je suis allé voir la Tour Eiffel bleue, et j'ai retrouvé l'endroit où j'ai embrassé un garçon dans la rue pour la toute première fois. À la place de mon rocher fétiche dans le jardin avoisinant, il y avait toute une compagnie de policiers en embuscade, alors j'ai mis ma capuche et j'ai tracé ma route en leur jetant des regards hautains genre : "Demande-moi mes papiers et j'te mets mon DEUG (oui, bon, d'accord, ça vaut plus rien un DEUG, mais faut l'avoir pour savoir que ça vaut rien) de droit dans la matraque". Bon, finalement, nous sommes restés bons voisins, et ils ne m'ont pas abordé (est-ce que je suis trop moche ?). J'ai commencé à lire Madame Bovary, et j'aime beaucoup. Notamment quelques passages qui me semblent très... Killing me softly. D'habitude, je ne lis pas trop de littérature classique, parce que si c'est classique, c'est que c'est commun, mais là, c'est bien. (Hugo est classique mais est totalement hors du commun. Il échappe à toute classification. Il est le plus mieux au monde, et je ne comprends pas pourquoi on ne lui file pas un Goncourt par an, au titre de chacune des lignes qu'il a écrites.) Flaubert écrit : "Léon était las d'aimer sans résultat ; puis il commença à sentir cet accablement que vous cause la répétition de la même vie, lorsqu'aucun intérêt ne la dirige et qu'aucune espérance ne la soutient. Il était si ennuyé d'Yonville et des Yonvillais, que la vue de certaines gens, de certaines maisons l'irritait à n'y pouvoir tenir ; et le pharmacien, tout bonhomme qu'il était, lui devenait complètement insupportable. Cependant, la perspective d'une situation nouvelle l'effrayait autant qu'elle le séduisait." Et aussi ça, parce que des fois, je me sens provincial : "Emma était accoudée à sa fenêtre (elle s'y mettait souvent : la fenêtre, en province, remplace les théâtres et la promenade), et elle s'amusait à considérer la cohue des rustres".
Et puis, j'ai aussi longuement fredonné ce morceau d'Alicia Keys :
Parce que des fois, la solitude, c'est pesant. J'ai montré à toute ma classe qu'Obama n'était qu'un amateur à côté de moi. J'ai appris que je pouvais faire un stage au Parisien sur un simple coup de fil. J'ai momentanément renoncé à toute forme de vie sociale. J'ai mangé un menu Royal Bacon Maxi Best Of. Et des pâtes au saumon et à la crème fraîche aussi. J'ai renoué des liens amicaux avec un ami perdu.
J'ai vécu pendant une éternité.
23:22 Publié dans Hein ? | Commentaires (2) | Tags : éternité, temps qui passe, l'habitude, regarde-les, l'imprévu
09.11.2008
Pourquoi tu chantes comme ça ?
Pourquoi tu chantes comme ça ? (Le couloir de ma maison, 14h26)
Ça faisait longtemps que je n'avais pas écrit de note relative à une Question du Jour, et ma petite sœur m'a permis de renouer avec cette habitude oubliée.
Quand je promène ma chienne, Lyra (ainsi nommée en l'honneur de Lyra Parle-d'Or, l'héroïne de la saga À la Croisée des Mondes de Philip Pullman, mais c'était avant qu'il ne sorte au cinéma - quelle horreur ce navet ! À croire que ces Américains ne savent pas lire : ils passent leurs journées à dénaturer et à enlaidir la beauté de chefs-d'œuvre littéraires), j'ai pour habitude de m'armer de mon iPod, alias Ryan Erevan (une longue histoire), et d'arpenter la zone industrielle avec elle. Elle fait ses besoins dans les quelques recoins de verdure épars et moi, je pousse la chansonnette loin des populations civiles.
C'était sans compter sur ma voix puissante qui rebondit sur le voisinage malgré la distance. Et malgré les avions aussi, parce qu'Orly n'est pas si loin.
Au point que quand je suis rentré, ma petite sœur, alias Carla Bruni (parce qu'elle a eu le courage de porter une tenue Jackie Kennedy alors qu'elle n'a que dix ans), m'a demandé le pourquoi d'un tel engouement pour la chanson.
D'après le Dictionnaire des Prénoms de Pierre Le Rouzic (ou un truc dans le genre), mon prénom correspond au profil de Celui qui crie. Ce qui m'inciterait à être un chevalier au service de la justice et de l'équité, criant sur tous les toits mon amour pour la liberté et la vérité. Et peut-être aussi que ça m'incite à crier quand je chante.
Je ne parviens jamais à un play-back intégral : mes cordes vocales aiment signifier leur présence. Je croyais pouvoir donner libre cours au flot impétueux de mon âme tourmentée dans la pénombre glauque et déserte de la zone industrielle avoisinante, mais j'ai manifestement accumulé trop de muscles dans la gorge (merci les cours hebdomadaires de muscu' qui font toujours trop mal) pour que ça passe inaperçu, enfin, inentendu.
Et puis, il y a aussi le fait que j'aurais voulu être un artiste (sic), c'est évident. Mais ma vie n'est pas toute tracée, et j'enflammerai certainement les planches tôt ou tard. Pas forcément grâce à la chanson, parce que je n'ai pas une voix exceptionnelle non plus, mais peut-être pour mon jeu d'acteur, qui, lui, vaut le détour, d'après mon prof' de français de quatrième, qui voulait me voir faire partie du club de théâtre après mon interprétation de M. Jourdain. Seulement, j'aime beaucoup le théâtre classique, et le seul rôle où mon faciès pourrait jouer en ma faveur, c'est Othello. Humpf. Yes, we can, mister Obama, but everything is not possible, unless if you are Michael Jackson.
Sinon, dans les transports, je ne fais que remuer les lèvres tout bas : j'ai trop peur d'être démasqué. Mais quand j'étais à New-York, je suis tombé sur un homme qui chantait tout bas. Je ne l'oublierai jamais. *regard enamouré* ♥
22:26 Publié dans Hein ? | Commentaires (2) | Tags : chanter, ipod, playback


