08.07.2009

Trop-plein

J'ai de nouveau l'impression qu'une éternité s'est écoulée depuis que j'ai blogué pour la dernière fois. Comme si j'étais enceinte j'avais accouché, en fait, sauf que je ne suis pas enceinte et que je n'ai pas accouché. Non, chez moi, l'absence est plutôt liée à un trop-plein.

Trop plein d'écriture, d'une part. A force de noircir des pages et des pages de feuilles blanches, le besoin d'écrire est moins pressant. Evidemment, ici, c'est écrire pour le plaisir, mais après de mauvaises nuits passées à conjecturer sur les sujets du lendemain, le plaisiir laisse place à la lassitude.

Trop-plein de lecture aussi. Être en permanence au courant de ce qui se passe dans le monde exige de lire Le Monde, Le Figaro, Libération, Courrier International, Le Point, L'Express, Le Nouvel Observateur, Le Canard Enchaîné, Marianne, Le Parisien, Charlie Hebdo, Closer, XXI, Les Échos, etc. Dieu merci pour mon portefeuille, je ne lisais pas tout ça. Mais cela m'a permis de me rendre compte de l'iinconscience des écoles de journalisme qui ont un niveau d'exigence tel qu'elles te font sentir que tu devrais lire tout ça. Alors oui, quand je serai étudiant en école et que je pourrai chaque matin choper gratuitement les journaux auxquels l'école est abonnée, je pourrai peut-être m'amuser à lire tout ça. Lorsqu'ils préconisent de lire au moins deux quotidiens couplés à des hebdomadaires divers et variés, ils n'ont pas l'air de se rendre compte que tout ça, c'est payant. C'est certainement la raison pour laquelle les frais de concours sont aussi élevés. Mais après leur avoir posé la question, il paraît qu'ils ne font aucune marge bénéficiaire là-dessus et que ça suffit tout juste à payer les correcteurs et le papier.

Trop-plein d'émotions ensuite. Je parlais d'une victoire amère, mais tout est bien qui finit bien. Les autres m'ont félicité en bonne et due forme, et après un pique-nique au Champ de Mars, je puis confirmer qu'il n'y a pas d'amertume ou d'envie. Ce sont mes soutiens les plus indéfectibles et je les en remercie.

Trop-plein de voyages également. Être admissible à Lille est une chose, se rendre là-bas en est une autre. Je suis de ces Parigots-tête-de-veau, pour qui au-delà du périph', point de salut et qui considèrent que tout ce qui est au-delà des frontières de l'Île-de-France n'a aucun intérêt (la banlieue, c'est bien, parce que ça fait comme une sorte de patrimoine foncier, tu vois). À mon arrivée à Lille, j'ai évidemment passé un quart d'heure à errer sous la pluie avant de trouver mon lieu de villégiature tout aussi humide. Mais la pluie de Lille ne rend pas enrhumé, alors on ne va pas s'en plaindre, hein.

Trop-plein de dégoût. L'été amène avec lui des haut-le-cœur. Par exemple, quand j'ai lu dans le 20 Minutes - Édition de Lille un homme dire qu'il comptait sur l'élection du FN à Hénin-Beaumont pour trouver du travail une fois que tous les immigrés seraient partis, ça m'a fait un choc. J'ai immédiatement pensé : "À Paris, nous l'aurions lynché, ici, ils lui donnent une tribune". Je ne doute pas que des Parisiens pensent la même chose, mais ils ne témoignent pas dans le 20 Minutes dans ce cas. Et il y a aussi eu ce cauchemar où de faux policiers me fouillaient et en profitaient pour me peloter. Ma seule réplique a été : "Revenez demain soir, même endroit, même heure" avec à l'esprit l'idée qu'il me viendrait bien une stratégie à la Lisbeth Salander pour leur faire payer leur audace. Mais je me suis réveillé et du coup, le cauchemar est parti.

Trop-plein de travail. Il y a longtemps que je n'ai pas eu de vacances. Et moi qui pensais avoir des vacances de tout repos parce que je n'ai pas cherché de job d'été, ben, c'est râpé. La crise fait venir le travail jusqu'à moi. Plus de CDD désormais, juste des stages sous-payés. Youhou. Que je ne refuse pas, parce que je suis à découvert et que n'importe quel sous-emploi me permettrait de combler un tant soit peu le sombre abîme de mon compte en banque.  Et cela, toujours grâce aux réseaux, aux rencontres, aux relations. *soupir* Je rêve du bon vieux temps où j'envoyais des CV et passais des entretiens. Nous avions au moins la fierté du mérite en ce temps-là. Mais je ne vais pas me plaindre. Je suis choyé au milieu d'une équipe de journalistes de Radio France et après, je tâterai du quotidien économique, donc rien de bien dommageable. Surtout que pour l'instant, je suis à Paris. Qui sait ce qu'il adviendra de moi la semaine prochaine au moment des résultats ?

Oh, et trop-plein de morts aussi. Les deux avions, Michael, Farrah, Poileautre (inconnu au bataillon). Ça fait quand même un été morbide. Mais bon, Dorothée est toujours vivante. Je l'ai toujours préférée à Michael Jackson.

07:19 Publié dans Blablabla | Commentaires (0)

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