11.05.2009

Tu en où du permis ?

A l'approche de mon anniversaire, la question revient, lancinante et perturbante : Alors, tu en es où du permis ?

Si je m'écoutais, je devrais raconter à tout le monde que Clémentine et moi, alors que nous étions encore en CE2, nous avions décidé de ne jamais conduire de voiture pour sauver la nature et notamment les arbres de la cour de récréation. Elle et moi avions déjà une conscience écologique très développée et nous voyions dans les pots d'échappement des poignards et des pistolets braqués sur Dame Nature. Mon amour pour Paris n'ayant cessé de croître avec les années, je fus bientôt convaincu qu'il n'était nul besoin de disposer d'un véhicule : on peut aller partout en métro' ou en bus. Et là, c'est le drame. Nous émigrâmes en banlieue, parce que la surface des appartements n'augmente pas avec le nombre d'enfants.

En banlieue, tout est loin. Paris. La gare. La boulangerie. La pharmacie. Le supermarché. L'école. Les journées sans voiture, ça me fait bien rire : quand le bus ne passe qu'une fois par heure et que tu vis à vingt minutes à pied de la gare (cinq minutes en voiture), tu prends ta voiture. Et le soir, en rentrant, tu vas au supermarché en voiture aussi parce que rien n'est juste en bas de chez toi. Tu as mauvaise conscience pour Dame Nature, mais tu sais aussi que tes pieds ne supporteraient pas la distance et que porter des sacs remplis de Nutella et de bouteilles d'Oasis pendant vingt minutes (je n'ai aucune notion des distances alors je mesure tout en temps), ça te rendrait bossu en un mois. Alors tu conduis.

Dieu merci, j'ai jusque là été préservé de toucher au volant : mon don pour les relations humaines m'a permis de toujours avoir un chauffeur à disposition pour pas un sou. Et puis, à Paris, la voiture est plus une malédiction qu'autre chose. Trouver une place est un cauchemar auquel je réponds par le rêve du passe Navigo. Son "biip" sans cesse renouvelé à chaque borne m'emplit d'une joie étrange. Comme si je disposais d'une clé capable d'ouvrir toutes les portes à serrure violette.

Et puis, les concours sont arrivés. Plusieurs écoles exigent de leurs étudiants qu'ils soient mobiles et qu'ils aient donc le permis de conduire. Je suis opposé à cette conception ancestrale qui veut que sans calèche, on est amorphe. Je suis sûr qu'en partant de la BNF, on arrive plus vite à Saint-Lazare avec la ligne 14 qu'en voiture. Mais bon, ces mêmes écoles exigent aussi que l'on fasse des stages dans des rédactions en province, alors j'imagine que dans ces contrées où la motorisation n'a pas encore pénétré, il est impératif de disposer d'un 4x4 et d'un pare-choc à toute épreuve.

 

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Je me suis donc inscrit dans une auto-école grand public, qui brasse des centaines d'étudiants chaque semaine. S'il y a autant de monde, c'est que ça ne doit pas être si mauvais que ça, hein. La première fois, j'ai fait une douzaine de fautes. Aujourd'hui, j'oscille entre 3 et 8. Un yo-yo qui a tendance à me démoraliser au point que je démissionne parfois pendant plusieurs semaines. Mais comme j'ai payé de ma propre poche, je n'ai pas l'intention de lâcher le morceau. Y a intérêt à ce que j'aie le permis d'ici la fin de mon contrat. Je ne suis pas du genre à dépenser DEUX fortunes dans quelque chose d'aussi trivial. D'autant plus que même armé d'un permis, je ne crois pas que je tâterai souvent du volant. Je préfère défintivement le métro'. On rencontre du monde. Assis ou debout, on n'a pas à se préoccuper de ce qui se passe sur la route. Oui, il y a parfois des problèmes sur les lignes, mais les bouchons, eux, c'est quotidien. Quand on rentre du travail épuisé, il est certainement plus reposant de s'installer à une place prioritaire en fermant les yeux (pour ne pas voir d'éventuelles personnes vraiment prioritaires qui auraient vraiment besoin de la place) que de prendre le volant en somnolant et en dodelinant de la tête, tout en klaxonnant l'imbécile heureux qui a eu son permis dans une pochette surprise.

Les transports, c'est bien. Mangez-en.

 

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Commentaires

beuh, erk erk les transports en commun.
si j'te croise sur une place prioritaire alors que j'ai par inadvertance pris un bus, tu vas dégager fissa :P

ceci dit, tu as raison BNF-Saint lazare, c'est plus rapide en métro.

Par contre, porte de versailles-denfert rochereau, plus rapide en voiture.
et il y a toujours de la place pour stationner à paris, c'est juste le budget PV qui peut devenir lourd, surtout au mois de mai, saletés de prime de vacances.

Et un 4*4 même en province ça ne sert à rien du tout. 4 roues et un moteur et basta. Même 2 roues sont suffisantes.

Ecrit par : Cracotte | 11.05.2009

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Dans un bus, pas de problème, je te cède volontiers ma place : je ne m'asseois que très rarement, parce que j'ai toujours peur de louper mon arrêt, ou que le chauffeur oublie de m'ouvrir la porte, ou que je me sois trompé de direction ou de numéro, ou que je me retrouve coincé sans pouvoir sortir parce que je me mets toujours du côté de la fenêtre, ce qui rend difficile l'accès au couloir après.

Je déteste payer, alors je crois que j'éviterrai toute forme de stationnement. Le Navigo, je paie aussi mais en fait non, c'est mes parents *sourire*.

La province que tu décris ressemble à celle qu'il y a dans "Le Rebelle". La province que j'imagine, en bon Parigot que je suis, ressemble à "Koh-Lanta".

Ecrit par : Ryan Erevan | 14.05.2009

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