21.12.2008
Du triomphe de l'absurde
À l'été 2006, j'ai été agent administratif par intérim pour me remplir les poches sans trop me fatiguer. Installé devant un ordinateur (sans accès Internet, grrr...) toute la journée, j'étais chargé de la mise sous pli et de l'éditique. En clair, je cliquais sur "Imprimer" et puis je mettais dans des enveloppes les 500 feuilles sorties de l'imprimante. Grisant.
Parce que ça s'est bien passé, l'agence d'intérim a gardé mon dossier, et vendredi, j'ai reçu ça :
Recherchons inventoriste, véhicule obligatoire, le 29/12 de 22h à 3h sur Sartrouville. Tél uniquement si intéressé. M*npower Poissy
Du coup, je me sens tout con, parce que je ne sais pas ce que c'est qu'un inventoriste, que je ne sais pas encore conduire, que je dors la nuit et que je ne sais pas où c'est Sartrouville. C'est le genre de job sur lequel Phoebe de Friends aurait sauté, et cette fille, c'est mon modèle dans l'absurde (après Ionesco et Beckett).
Pour pallier les lacunes de mon humble personne, je pratique l'absurde à domicile. Exemple :
Moi : Blanche-Neige* !
B-N : J'arrive !
Blanche-Neige se ramène.
B-N : Oui ! Qu'est-ce qu'il y a ?
Moi : Ah, hum, rien.
*Les prénoms des victimes ont été modifiés.
21:17 Publié dans Blablabla | Commentaires (5)
17.12.2008
Smile... It confuses people
Today is a good day, comme dirait l'autre.
Parce que la madame de la boulangerie qui fait de trop bons sandwichs au fromage de chèvre (*slurp*), ben, elle a dit que j'avais un sourire "tellement... éclatant" que j'en étais tout émouvu d'avoir pu apporter de la joie à cette madame rien qu'avec un peu d'émail.
Alors ça m'a rappelé cette fois dans le RER où ce vieux monsieur m'a dit en descendant : "Eh ben vous, on peut pas vous enlever votre sourire !". À croire que je passe mon temps à sourire niaisement dans les transports.
Des fois, ça se justifie, parce que j'ai de la musique tellement joyeuse dans mes oreilles grâce à Ryan Erevan, mon iPod, que je ne peux pas garder la bouche fermée. Quand j'entends la bande son de cette pub Coca-Cola par exemple :
Et puis, des fois, c'est aussi juste parce que j'en ai envie.

22:17 Publié dans Hihihi | Commentaires (3) | Tags : sourire, effet colgate
16.12.2008
Hétéro(clite)
Je m'en veux d'avoir abandonné mon blog si longtemps. C'est que je suis overwhelmed de toutes parts. Un exposé par-ci, une interro par-là, des "j'ai-trop-besoin-de-toi" aussi (mais bon, ça, c'est flatteur), des bouquins à lire, des heures de sommeil à rattraper, des week-ends passés à jouer les Mrs Darbus mais sans Troy Bolton, évidemment. Que du bonheur.
Heureusement, si je ne peux pas bloguer en permanence, je parviens tout de même à garder des idées de sujets un tant soit peu intéressants ou de trucs à faire dans mon téléphone. Et ça donne ça:
- Même le matin, faut réfléchir, hein !
- Aller vivre à San Francisco
- Les gays et le foot
- "J'm'occupe pas d'eux parce qu'ils pensent qu'aux riches, y pensent pas aux pauvres. S'il y avait d'l'amélioration pour les pauvres, ce s'rait bien, mais là y pensent qu'aux riches, alors c'est pas intéressant." D., 41 ans, concierge sans diplôme
- "Ils veulent tous la place. Tous des doreurs de pilule, ils ne pensent qu'à leur poche."
- 4558 VE 94
- La voix de la 14... Ce n'est plus la même ! Et elle ne dit plus la même chose à Gare de Lyon !
- Nous sommes entrés dans l'hiver : j'ai une écharpe.
- Commenter chez Andesmas le consensus de la presse
- Maxime le Parfait, Robert Hue, et la maman aveugle
- Un nouveau pas dans l'âge adulte : je me suis rendu compte que je ne serai plus jamais un adolescent.
- Je ne supporte pas que l'on s'attache à moi. Problème à résoudre pour parvenir à la prochaine étape de ma vie d'adulte.
- Chaispasquoi's back !
- "Les Sagittaires s'entendent bien avec les Verseaux."
- Youhou ! Vive la ligne 2 !
- "Un train MONA à destination de Massy-Palaiseau actuellement en gare des Ardoines desservira bientôt la gare de Bibliothèque François Mitterrand." (Hein ?!)
À côté de ça, j'ai pris des photos qui comptent pour moi.
Ça, c'est le ballon qui est venu jusqu'à moi alors que je traversai Beaubourg.

Ça, c'est le gant que j'ai fait semblant d'oublier dans le train pour qu'il voyage dans toute l'Île-de-France, et qu'un jour il me revienne chargé de souvenirs et d'aventures.
Et ça, c'est le même ballon, deux semaines après. Ça m'a ramené dix-neuf ans plus tôt, quand mon poisson rouge trônait de la même façon au sommet de la poubelle alors que je revenais de la crèche. C'est toujours triste de voir partir ceux qu'on aime.
L'hiver, je pleure sans savoir pourquoi. À cause du froid, peut-être. Depuis que j'ai lu Les Chroniques d'Alvin le Faiseur, d'Orson Scott Card, je crois que c'est parce que les abeilles meurent. Je saigne du nez à l'approche des changements de saison, mais je n'ai encore rien lu qui puisse expliquer ce phénomène.
Polochon a essayé de m'appeler, et ça m'a rendu tout content. Il est important d'avoir un poisson rouge.
17:20 Publié dans Blablabla | Commentaires (5)
12.12.2008
Émouvu
Humpf.
J'étais en train de lire ça sur le site du New York Times (ouais, t'as vu, j'lis les infos en anglais, t'as vu) :
HARARE, Zimbabwe — Cholera swept through the five youngest children in the Chigudu family with cruel and bewildering haste.
On a recent Saturday, the children had chased one another through streets that flow with raw sewage, and chattered happily as they bedded down for the night. The diarrhea and vomiting began around midnight. Relatives frantically prepared solutions of water, sugar and salt for the youngsters, aged 20 months to 12 years, to drink.
But by morning, they were limp and hollow-eyed. The disease was draining their bodies of fluid.
“Then they started to die,” said their brother Lovegot, 18. “Prisca was first, second Sammy, then Shantel, Clopas and Aisha, the littlest one, last.”
et j'ai été tout émouvu. Un frisson sinistre m'a parcouru l'échine, et j'ai vu tomber ces enfants un à un. Je me croyais cynique, alors qu'en fait, non, pas tant que ça finalement. Je me sens meilleur du coup.
Ah non, en fait, puisque je trouve finalement que c'est très cynique de se servir du prétexte de l'émotion suscitée par la lecture du récit relatant la mort de cinq enfants de 20 mois à 12 ans dans un pays que je ne sais pas situer sur la carte (enfin, si, c'est quelque part entre l'Égypte et l'Afrique du Sud) pour dire qu'on est quelqu'un de bien et de proche de la souffrance des pauvres, des miséreux et de tous ces gens qui n'ont pas la chance d'être nés dans des endroits civilisés avec eau courante, gaz à tous les étages, réfrigérateur et télécommande (en même temps, tu me diras, une télécommande sans téléviseur, ça doit être d'un superfétatoire (j'ai très envie de dire superfétatoire)).
Bref, s'émouvoir c'est bien.
Mais je ne vois pas trop ce que je pourrais faire de plus. Hors de question que je sacrifie ma glorieuse existence pour aller pleurer au chevet de crève-la-faim, surtout que je donne déjà 6€ par mois à Aides (c'est parce que le bénévole était trop mignon).
Humpf. Ce blog porte vraiment bien son nom en fait, parce que c'est exactement le genre de choses que je ne dirai jamais.
22:15 | Commentaires (0) | Tags : choléra, mugabe, zimbabwe, cynisme, émotions superficielles
01.12.2008
Chaîne d'amour
Une fois de plus, ma boîte de réception a fait l'objet d'une attaque pleine d'amour de mes connaissances kikoololeuses.
Si un million de gens t'aime, sois sûre que j'en fais partie !
Si une seule personne t'aime, sois sûre que c'est moi !
Si un jour tu découvres que personne ne t'aime, sois sûre que j'aurais quitté ce monde !
Envoie ce message aux personnes que tu aimes et que tu n'oublieras jamais et à moi si j'en fais partie.
Si tu ne l'envoies à personne,
cela veut dire que tu as oublié tes amis...
Si 12 messages te reviennent, tu es vraiment aimée....
Outre le fait que cet espèce de machin-chose hideux est bourré de fautes d'orthographe, il tente de me culpabiliser. En vain, puisque je ne le renverrai pas. Ce serait en décalage avec mon personnage empli de classe, de distinction et de mépris à l'égard des gens du commun.
Et puis aussi parce que je trouve ces formes d'attention chaleureuse follement impersonnelles.
En ce moment, je regarde l'adaptation télévisuelle des Chroniques de San Francisco. Après avoir adoré la série de romans (sauf le septième, parce que définitivement trop tolliverien), je prends goût à cette retranscription imagée, même si je n'imaginais pas une Mona Ramsey aussi mal coiffée. Et je trouve que l'histoire de ces personnages est une forme d'attention chaleureuse follement personnelle, touchante et pleine d'un amour sincère. Au point que je préfère les aimer que recevoir des marques d'amour dépourvues de toute profondeur.
21:42 Publié dans Blablabla | Commentaires (1) | Tags : chaîne de mails, messages en chaîne, kikoolol


