30.10.2008
"Il n'en pense pas moins"
J'ai toujours eu des rapports particuliers avec mes profs de sport.
C'est d'ailleurs l'un d'eux, M. T. (un beau gosse avec de fortes tendances à la pavanation, habitué à jouer les mannequins parmi des hordes de filles pubères en admiration devant ses yeux bleus, ses cheveux gélifiés et sa barbe de trois jours), qui est à l'origine de la phrase plus haut : "Il ne dit rien, mais il n'en pense pas moins". C'est peut-être la seule fois de sa vie que M. T. aura dit quelque chose d'intelligent, mais là n'est pas le propos.
Je ne suis pas particulièrement réservé ou renfermé, mais on n'a pas le droit de tout dire en raison de normes inhibitrices et des règles du savoir-vivre. Alors des fois, je me contente de regarder les gens et de penser. Il semble que M. T. s'en soit rendu compte, et c'est ce qui l'a amené à sortir ce "il n'en pense pas moins". Comme si je ne m'arrêtais jamais de dire du mal des gens. Je suis très prompt à la critique, c'est vrai. Mais j'me soigne. Et puis, quand on le fait avec subitilité, c'en est presque gentil, en fait.
17:39 | Commentaires (2)
I ♥ U
C'est bizarre, mais j'étais dans le RER, et j'avais besoin d'écrire sur mon blog. C'est la toute première fois que je ressens ça. D'ordinaire, c'est plutôt "Ah, tiens, faudrait que j'parle de ça", mais là c'était "Même si j'ai rien à dire, je dois le faire".
Et pourtant Dieu sait combien j'ai multiplié les blogs, les espaces persos et les comptes mails au cours de mes nombreuses années d'internetisme. Mais ce n'était pas pareil, parce que... Je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être que l'interface Hautetfort est trop méga géniale. Je remercie d'ailleurs Joss de m'avoir permis de la découvrir. Oui, parce que par un après-midi d'ennui au travail, je suis tombé sur Que Dire Ou Faire sans vraiment le faire exprès, et alors je me suis dit qu'il fallait que je vienne ici moi aussi. Pas pour être lu (même si c'est flatteur de voir chaque jour le nombre de passages), mais plutôt pour satisfaire ce plaisir d'écrire.
J'ai envie d'écrire des histoires, des nouvelles, des romans, et j'ai quotidiennement des idées qui me viennent à l'esprit, mais il faudrait que je les couche pour qu'elles grandissent. Je suis un faiseur d'anges. Seulement, je ne peux pas les coucher sur le clavier, parce que je trouve ça follement inapproprié. Je veux ressentir le contact du papier, du stylo, éprouver l'angoisse de la feuille blanche et faire des gribouillis et des dessins dans la marge (ce n'est pas la même chose avec Paint).
Et puis, je croule sous les choses à faire, alors c'est dur. Mais un jour, j'y parviendrai, c'est certain. Je ne sais pas si je serai brillant ou totalement inutile à la littérature (je déteste regarder mon propre avenir), mais je fonde de grands espoirs sur ma petite personne et sur toutes ces voix qui s'agitent dans ma tête. Je crois que chacune d'elles est une histoire en devenir qui n'attend que le déclic pour pouvoir sortir.
Des fois, j'aimerais rencontrer celui qui chante en secret.
Bientôt l'anniversaire de mon poisson rouge. Youhou.
Je vais m'y mettre, c'est promis.
17:18 Publié dans Blablabla | Commentaires (2) | Tags : blog, amour, envie, plaisir d'écrire
25.10.2008
[Schtroumpf] ?
C'est quand la dernière fois que tu t'es schtroumpfé ? (Dans les vestiaires, 16h12)
Humpf. Après avoir lu les Conditions d'Utilisation du Service, il semble que je ne puisse retranscrire littéralement le dialogue dont j'ai été témoin dans les vestiaires hier après-midi. Heureusement, les Schtroumpfs ont inventé un langage qui permet de contourner toutes les contraintes à la liberté d'expression, et qui protège les jeunes et innocents mineurs. Voici, en langue schtroumpf, ce que j'ai pu entendre hier, et qui fait donc l'objet de la Question du Jour :
- Sa meuf, elle est à Cuba, pour un an et demi ! Elle va schtroumpfer là-bas, c'est clair !
- Mais lui aussi à Paris, il va schtroumpfer ! Tu peux pas tenir un an et demi sans schtroumpfer !
- Bien sûr que si ! S'il tient vraiment à la meuf, il ira la voir une ou deux fois, et il schtroumpfera pas à côté.
- Mais bien sûr. Moi, je pourrais pas, t'as vu. J'peux pas rester 350 jours sans schtroumpfer !
- Mais c'est normal, toi, t'es un vieux Schtroumpf vicelard ! C'est quand la dernière fois que tu t'es schtroumpfé ?
- Ben, pour être honnête, c'était samedi soir, devant un film schtroumpf. C'était trop schtroumpf.
- Samedi ?! P'tit joueur ! Moi, c'était hier soir ! J'adore la schtroumpf du soir, j'peux pas m'endormir sans.
- Tu te schtroumpfes tous les jours ?
- Ben ouais, t'as vu. Mais c'est pas comme vous quand je schtroumpfe, y a jamais de grand jet de schtroumpf, c'est juste quelques schtroumpfs.
- Mais... Et avec les schtroumpfettes ?
- Ben, j'fais quelques schtroumpfs dans la schtroumpf, mais ma schtroumpf reste prête pour un deuxième schtroumpf sans que j'aie besoin de faire une schtroumpf.
Personnellement, c'est le genre de discussion que j'évite à tout prix. Ah, ces hétéros, j'te jure... Et c'était pas des p'tits collégiens pré-pubères, non, ils avaient tous entre 22 et 27 ans. Il semble que parfois le mythe du pédé distingué et du macho hétéro' (et vulgaire) se vérifie.
Et parce que j'ai pour habitude de répondre aux questions, la dernière fois que je me suis schtroumpfé, c'était... Je ne sais plus. Je ne me sens pas à l'aise tout seul (je préfère la bonne vieille méthode à deux), et de tout façon, schtroumpf.
12:20 Publié dans Hein ? | Commentaires (3) | Tags : sexualité, masturbation, infidélité, vestiaires, schtroumpf
23.10.2008
Les photos du jour (aussi)
Ça, c'est un Vélib' abandonné que j'ai rencontré dans le XIIIe arrondissement. J'étais tellement triste pour lui que je n'ai pas voulu le laisser seul. Les Vélib' aiment être partagés, alors je le partage avec vous, en espérant que quelqu'un, un jour, l'enfourchera, et le ramènera à une borne. Moi, je n'ai pas osé, parce que demain, j'ai muscu', et que la perspective de faire du sport me débecte à un point fou. Je vais écrire quelques vers pour me faire pardonner mon égoïsme.
Cher Vélib' abandonné sur le bas-côté,
Même si ton existence n'a plus d'utilité,
N'oublie pas que vers toi je tourne mes pensées,
Et puis qu'aucun chemin n'est déjà tout tracé.
23:54 Publié dans Blablabla | Commentaires (0) | Tags : vélib', abandon, solitude, délaissement, rouille, dégradation de bien public
Les photos du jour
Ça, c'est typiquement le genre de maison dans laquelle j'aimerais vivre. Je ne pourrais pas quitter Paris, alors il faudrait qu'elle ne soit pas trop loin.
Elle évoque le foyer, la grande maison où se réunit la grande famille, où la vie se déroule, mais où l'immuabilité de l'éternité (ou presque) se fait ressentir dans chaque pierre. C'est vraiment le genre d'endroit qui me fait envie et où j'aimerais construire quelque chose.
Je crois que j'ai été beaucoup influencé par le manoir des sœurs Halliwell. Je ne me sens capable de bâtir une famille qu'entre des murs de pierre éprouvés par les ans. Et puis, je veux penser qu'il y aura quelque chose après moi, si le monde peut continuer à exister en mon absence.
23:42 Publié dans Blablabla | Commentaires (2) | Tags : maison, foyer, home sweet home, tradition, pierre, ancestrale
Youhou !
Chose promise, chose due, des images vont enfin faire leur apparition dans ces eaux de lettres et de mots.
Leur apparition concorde avec mon après-midi au ciné' où j'ai vu... High School Musical 3 ! T-R-O-P B-I-E-N ! Et Dieu sait que je pèse mes lettres ! Chaque minute vécue intensément au rythme de la vie de ces d'jeuns ô combien superficiels et friqués, avec des chants et des chorégraphies qui poussent le kitsch au sommet de l'inconcevable.
J'ai ainsi pu retrouver mes amis Troy (♥), Gabriella (♥), Ryan (♥♥♥), Sharpay (♥♥), Taylor (♥♥♥), Martha (☻)(dotée d'une intelligence beyond compare, Martha a du poids, mais Martha est une cheerleader), Kelsie (☻☻) et surtout, Mrs Bolton (♥♥♥♥), la maman de Troy, qui fait une apparition en guest star dans chacun des opus pour déclamer une phrase et demie en moyenne.
Avec ce troisième épisode, c'est une page qui se tourne définitivement. Mais qui se tourne en beauté. L'histoire avait commencé il y a quelques années de cela sur Disney Channel. Un énième téléfilm Disney, quoi. Mais là, c'est pas pareil. Ces d'jeuns chantent, dansent, bougent, croient, jouent du basket, et ils sont presque normaux. On peut même s'identifier à eux, pour peu qu'on se mette à chanter de façon impromptue dans une conversation (ce qui m'arrive régulièrement). Et puis, ils sont saisissants de réalisme. Troy, le capitaine de l'équipe de basket-ball adulé par toutes les filles du lycée chante dans la comédie musicale, mais en secret, parce que c'est trop la honte, quoi. Heureusement, Gabriella, la jeune Einstein, lui donne la réplique et fait des duos avec lui parce qu'ils s'apprécient beaucoup, mais ils ne s'embrassent pas, hein, on est dans un État républicain ! Mais nos deux amis vont devoir faire face à une rude concurrence : Sharpay Evans, la fille la plus populaire du lycée, ne se laissera pas voler la vedette aussi facilement ! Troy parviendra-t-il à assumer la vérité ? Gabriella saura-t-elle révéler ses sentiments comme elle sait résoudre des équations ? La musique pourra-t-elle ramener la paix et la concorde à East High ?
East High, c'est le lycée gros comme Manhattan, où il fait toujours beau et où on peut danser sur les tables de la caféteria. Et puis, dans ce troisième tome (dans le second, ils partent tous en vacances pour un été de folie avec des chansons et des danses !), retour au lycée pour la dernière année avant le grand bond pour l'université. Nos héros pourront-ils préserver leur amitié malgré la distance ? Le fait de grandir les amènera-t-il à ne plus être aussi niais ?
Toutes les réponses dans ce brand new film qui ravira les petits et les grands cyniques qui aiment se moquer des Américains (et aussi qui aiment voir des garçons musclés torse nus dans les vestiaires).
En photo, l'écran du cinéma'. On n'avait pas le droit de prendre de photos pendant le film, alors j'en ai pris une avant.
21:30 Publié dans Blablabla | Commentaires (0) | Tags : hsm, high school musical, cinéma, teenager débile, sous-culture, pré-pubère
*Glups*
J'ai été très supris de découvrir que Jörg Haider - le leader autrichien d'extrême-droite décédé dans un accident de voiture il y a quelques jours - avait un petit copain, Stefan Petzner, en plus de sa femme, Claudia.
Le premier choc provient de l'association gay & extrême-droite. Ce n'est peut-être pas le cas en Autriche, mais le Front National en France n'est pas très gay-friendly. Et puis, je ne comprends pas comment on peut s'approprier une logique d'exclusion et de rejet de l'autre, de l'étranger, quand on est soi-même hors de la "norme". Je trouve ça débile de rejeter quelqu'un en raison de sa couleur de peau et de la taille de son nez, ou du lieu où il est né, de la famille dont il est issu, quand on sait que sous l'épiderme, on en est tous au même point. Je trouve débile le système de nationalité à vrai dire, et je ne peux m'empêcher de regarder avec circonspection ceux qui arborent avec fierté les couleurs de leur pays.
Fier : Qui éprouve une satisfaction d'amour-propre souvent fondée.
Je n'ai rien contre le fait d'être Français, mais je ne vois pas pour quelle raison je devrais me sentir fier. Je n'ai pas fait exprès de naître à Paris, et je ne suis en rien maître des circonstances qui ont poussé mes parents à venir vivre ici plutôt qu'à Buenos Aires, à San Francisco, au Caire ou à Tokyo. Alors oui, je suis Français, so what ? J'aurais pu être belge, portoricain ou australien, ça n'aurait rien changé à qui je suis, et si je me sens mieux à Paris qu'ailleurs, ce n'est pas une question de fierté, mais plutôt parce que j'ai bon goût (humpf). Je suis en constante opposition là-dessus avec mes amis issus de l'immigration (je hais ce vocable) : ils aiment clamer haut et fort combien ils sont fiers d'être de là-bas. Mais on aurait pu être de partout ! C'est toujours un hasard pour celui qui est né d'être né quelque part. Et au début comme à la fin, on est tous semblables. Éprouver de la satisfaction pour ce genre d'attribut me paraît risible.
Je partage le même avis sur le fait d'être gay. On est gay, oui, youpi ! Je ne l'ai pas choisi alors pourquoi devrais-je arborer un air heureux ? Je peux être fier en revanche de mes choix, comme celui d'assumer ouvertement mon homosexualité. Ça, c'est un sujet de fierté, parce que tout le monde n'en est pas capable, et que ça exige un investissement personnel.
Tout ça pour dire que je ne comprends rien à ce Jörg Haider, fier de son pays (?!) au point d'en exclure les corps extérieurs, mais qui dans le même temps, n'ose pas révéler son homosexualité au monde entier de peur de souffrir d'intolérance et de rejet. Je n'aurais pas apprécié cet homme, je crois.
Et puis, le second truc qui me turlupine, c'est le cumul petit ami + épouse. Épouse consentante d'ailleurs, parfaitement au fait de la double-vie de son mari. Le fait qu'il puisse être bissexuel et avoir une vie sentimentale pas comme les autres ne me gêne pas ; c'est l'hypocrisie entretenue, cette lâcheté inassumée, cet aspect ambivalent qui me tracassent. On peut vivre dans le péché, mais dormir dans le mensonge, c'est... glauque.
18:31 Publié dans Waouh ! | Commentaires (1) | Tags : waouh, suprise, gay, homosexualité, jörg haider, autriche, stefan petzner
22.10.2008
Hou là là là
Faudrait que j'agrémente tout ça d'un peu plus de photos. C'est si... scriptural.
J'ai vu un train qui s'appelait COUCOU, mais je n'ai pas eu le temps de le prendre en photo'. Je vais égayer tout ça avec des images pour ne pas que cet endroit devienne un roman de poche rébarbatif.
01:26 Publié dans Blablabla | Commentaires (0) | Tags : image, iconoclasme, illustration
C'est fini, elle est partie...
C'est fini, elle est partie... C'est en substance le SMS que j'ai reçu à 13 heures 31 aujourd'hui. Je sortais tout juste de la Fnac, et pour une fois, j'ai senti le vibrato du téléphone dans ma poche.
Ça ne m'a pas fait un choc parce que je m'y attendais (ou plutôt je m'y étais attendu, et j'avais pensé que la menace cette éventualité avait été écartée, car elle avait l'air d'aller mieux). Je suis rentré chez moi comme si de rien n'était, sans plus de remue-ménage dans mon cœur. Je me trouve si insensible.
Enfin, non, pas tant que ça, mais si. Je pleure et je suis bouleversé pour les choses les plus triviales, mais je vire cœur de pierre dès que c'est un être humain et que c'est pour de vrai. J'étais totalement paumé le jour où mon iPod a rendu l'âme, et même le jour où mon écouteur gauche a cessé de remplir sa fonction. Je m'émeus en voyant les cadavres d'oiseaux au bord de la route. Je suis triste quand les feuilles tombent des arbres. J'ai pleuré quand Albus Dumbledore a perdu la vie, et j'ai sangloté quand ç'a été au tour d'Hedwige.
Mais là, aujourd'hui, rien. La vie continue, tout ça tout ça, mais quand même. C'est peut-être le signe que je me suis trop rétracté dans ma bulle pour ressentir les émotions avec leur véritable force. Peut-être aussi que j'ai pris de la distance pour ne pas avoir trop mal au cas où. Dans ce cas-là, ç'a très bien marché, mais je trouve quand même ça bizarre de ne pas éprouver de manque ou de tristesse. Ça viendra peut-être après coup, à l'enterrement.
Et pourtant, j'essaie. Je me souviens de ces heures que j'ai passées chez elles étant enfant, où je jouais avec les poupées de sa fille sous la table de la cuisine. Je me souviens aussi de ces fois où je suis passé la voir à l'hôpital, où elle avait l'air si contente de me voir et où je l'admirais pour son courage et sa ténacité. Là, j'avais envie de pleurer. Mais pour l'heure, rien, pas même un sanglot ettouffé. Je ne veux pas ressembler à ces gens qui pleurent comme des madeleines à la moindre mauvaise nouvelle, seulement quand ça en vaut la peine. Et je crois qu'elle en valait la peine.
Peut-être que ma conception de la mort a influé sur ma façon de réagir. Ma conception de la mort, c'est que quand les morts sont morts, ben c'est fini de ce côté-ci du monde, qu'on ne peut plus rien pour eux et qu'ils ne peuvent plus rien pour nous. C'est aussi que la mort n'est pas un mal, ni même une menace comme je l'avais écrit au prime abord plus haut, non, la mort, c'est ce qui arrive quand on vit. Je tiens à la vie, mais l'idée de mourir ne m'effraie pas. Même si je crois, ce qui se profile derrière reste dans le flou, mais je n'ai pas peur de marcher sans voir. La mort, ça ne me met pas en colère, et ça ne m'attriste pas (plus, en fait). Je me demande si considérer la mort comme quelque chose de naturel implique une certaine sagesse ou si c'est la marque du désenchantement du monde. Peu importe, en fait : elle est partie.
J'espère que j'aurai l'occasion de sourire à son enterrement.
20.10.2008
Comment vous faites ?
Et comment vous faites ? (Je ne sais plus où - je ne sais plus quand)
C'est l'une des premières questions qui vient dans la conversation une fois que la personne en face apprend que je suis gay. Parce que la personne en face est à peu près sûre que le monde qui l'entoure est foncièrement hétérosexuel, et que quel que soit l'endroit où ses yeux se poseront, il y aura du répondant. Alors que les gays, ben, comment vous faites pour vous... vous identifier ? Vous avez un code secret ?
Non, mais des fois, j'aimerais bien. Dans le Marais, c'est facile. Il n'y est pas question d'identifier les homosexuels, mais plutôt de déterminer qui est en réalité hétéro' sous cette apparence fashionistique. Ailleurs, c'est plus confus. J'ai lu récemment qu'à l'origine, les piercings à l'oreille étaient un signe de ralliement, et qu'on plaçait le piercing à droite ou à gauche suivant que l'on était actif ou passif (*glups*). Toujours est-il que de nos jours, cela ne signifie plus rien. Alors comment fait-on ?
Il est indéniable que le média Internet a révolutionné nos misérables existences souterraines. Autrefois condamnés à l'opprobre et à la dissimulation, on peut désormais s'afficher, sans jamais se montrer. Si j'avais été sociologue (J'aurais voulu être un sociolooooooooooooogue), j'aurais certainement mené une étude sur la façon dont le mode de rencontres a évolué. Aujourd'hui, la meeticisation (en l'occurence, il s'agit plutôt de rezogisation) a atteint tous les esprits, et on programme de rencontrer telle personne à tel endroit pour faire telle chose. C'est dommage, moi, j'aurais bien aimé un peu plus d'humour et de tendresse... Si les hommes n'étaient pas si pressés !
Dans le même temps, j'ai perdu mes rêves. Il y a plus d'un an maintenant, je le voulais comme ça :
Le Grand Amour ? Je serai très exigeant avec lui. Il fait au moins 1,82 pour 75kg. Je le veux plus gros que moi pour pouvoir mettre en avant ma minceur lors de nos joutes. Je le veux plein d'humour et de répartie, joueur, espiègle, taquin, cultivé, intelligent, sensible, capable de pratiquer l'auto-dérision, il a besoin de moi au fond de lui, mais il ne le montre pas, parce qu'il est fier, et c'est comme ça que je l'aime. Hmm... Je serai dans une lutte ludique qui s'assimilerait plutôt à un jeu en fait, dans lequel il faudrait parvenir à se faire aimer de l'autre. Si l'on y parvient, l'autre a perdu. En même temps, les deux partenaires sont fous amoureux l'un de l'autre, sinon ils ne prendraient pas le temps de jouer.
Et aujourd'hui, je ne veux plus rien. Je ne m'attends à rien en fait, parce que les espoirs sont trop vite déçus. Comment j'fais ? Je ne fais rien. Je ne cherche pas à capter leur regard ou à déceler leur orientation, puisque quelle qu'elle soit, ça ne m'intéresse pas vraiment. J'ai bien eu la tentation de faire des rencontres avec ce blog, d'y attirer une population gay qui tombera en admiration devant la subtilité, la drôlerie et l'originalité de ma plume, mais je trouve ça malsain, parce que ce serait prostituer mon écriture, et que je trouve ça malsain la prostitution. Avant, j'avais peur de finir seul. À présent, je considère cela comme un heureux destin. Maturité ou aigreur ?
12:47 Publié dans Hein ? | Commentaires (2) | Tags : rezogisation, gay, rencontres, grand amour, prince charmant


